Courrier français                    GIRONDE

VISAGES GIRONDINS

Danielle Bigata, sculpteur

Sculpteur, dessinatrice et écrivain,
Danielle Bigata parle de son art,
fruit des rencontres faites au cours de nombreux voyages.

 


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"Le pèlerin", une sculpture monumentale de Danielle Bigata (en médaillon) qui incite au voyage.

Le promeneur qui arrive aux ruines de Gaillac à Gradignan, ne peut pas ne pas y découvrir le Pèlerin, une statue de taille imposante posée sur un banc. Une sculpture qui ne laisse pas indifférent, tant par sa taille que par son attitude.

 

Danielle Bigata, sculpteur

Régulièrement, Courrier français trace le portrait de femmes et d'hommes vivant un engagement fort dans un métier une association, une passion... Cette semaine, Danielle Bigata, sculpteur dessinatrice et écrivain, parle de son art, fruit des rencontres faites au cours de nombreux voyages. Le promeneur qui arrive aux ruines de Gaillac. À Gradignan, ne peut pas ne pas y découvrir le Pèlerin, une statue de taille imposante posée sur un banc. Une sculpture qui ne laisse pas indifférent, tant par sa taille que par son attitude.

Cette oeuvre est la réalisation d'une femme, Danielle Bigata. Une artiste dont l'atelier se cache dans le village de Saucats. À quelques encablures des ruines du prieuré gradignanais. Femme aux multiples visages plus attachants les uns que les autres, elle s'exprime par le dessin et des matériaux très divers. Voyageuse, elle vagabonde et va au devant de la découverte. Observatrice, elle sait écouter les autres. Conteuse envoutante et conviviale, elle s'exprime par la parole et l'écriture. Mais surtout elle partage l'amitié avec bonheur.

Danielle Bigata est une personne sensible, accueillante, observatrice, discrète mais déterminée. Avec elle, pas de clichés mais un regard ouvert sur les êtres et sur la nature, de la simplicité mais pas de vulgarité, une certaine réserve mais une volonté affirmée. Lors d'une exposition de ses oeuvres elle aime se mêler aux visiteurs sans imposer sa vision artistique : elle écoute et observe. Femme de convictions, elle sait respecter la position de ses interlocuteurs. De ses nombreux voyages. elle a rapporté une foule d'anecdotes qui pigmentent ses entretiens. Danielle Bigata est une infatigable aventurière qui choisit des destinations qui (me) permettront de faire des découvertes et de s'enrichir.

Elle dit elle-même que l'essentiel de sa vie est l'art du dessin et de la sculpture. Des croquis emplissent les carnets qu'elle conserve jalousement. On peut y voir des esquisses, des ébauches de visages, d'attitudes, de détails qu'elle réemploiera ensuite pour terminer un portrait ou une composition. "Je ne cherche pas à recréer la réalité à l'image d'une photo, mais je veux personnaliser un regard, une expression, une manière d'être", précise t-elle. Ses oeuvres ne sont pas une mise en scène spectaculaire, mais une re-création de la vie

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Danielle Bigata : l'art pour transcrire l'amour de la rencontre.


Grâce à la sculpture, Danielle Bigata a pu restituer, dans la matière, la nature et les erres Commençant avec le bois, elle sait à présent maîtriser le marbre, une matière noble et exigeante qui demande force et dextérité, ou encore le bronze, utilisé pour le Pèlerin. Pour elle. sculpter, c'est affronter la rude réalité de la matière, confronter le geste dans le détail essentiel. caresser la pierre et utiliser ses composantes afin d'exprimer une expression, une sensation, un désir. Lorsqu'elle évoque sa période marbre, on sent qu'elle était heureuse de défier des blocs de dimensions imposantes, pesant plusieurs tonnes. Dans cette spécialité, on peut admirer Gaia, un symbole de la naissance de la nature. L'ouvrage fut conçu dans un bloc de marbre de dix tonnes. Lorsqu'elle parle de son travail, on sent vibrer le dur combat du ciseau face à la pierre. Malheureusement, des difficultés physiques l'empêchent de poursuivre avec ce matériau.

Quand elle utilise le bronze, elle conçoit chaque élément un à un et les assemble pour faire vivre le monument. Son travail est effectué en lien avec un atelier de fonte. Afin de personnaliser ses oeuvres, l'artiste signe Bigata, et justifie l'absence de prénom en soulignant qu'il faut se faire un nom avant de trouver sa place.

Pour se convaincre de la passion que Danielle Bigata porte et transmet aux autres, il suffit de lire son dernier livre, Akuna Matata, publié aux éditions bordelaise Opales. En parcourant ces pages, on va à la rencontre de peuples trop souvent ignorés comme ceux du Burundi, du Vietnam, du Botswana... on prend connaissance de leur manière de vivre, de leurs coutumes. de leur amour pour l'art. L'ouvrage est, de plus, agrémenté de dessins de l'auteur.


Guy PERRAUDEAU
Courrier français Edition Bordeaux-Gironde du 21 Septembre 2001


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