Atterrissage réussi pour Icare
C'est suspendu au bras d'une grue qu'Icare a pris son envol pour rejoindre son trône. Harnachée de solides sangles, pendue à un énorme crochet, guidée par les employés municipaux en tenue de sécurité, calée à l'aide de madriers, manoeuvrée à l'aide de leviers : un envol lourd et pour cause ! et sans grâce. C'est uniquement lorsque, après maintes péripéties, elle fut enfin en place et débarrassée de ses brides et de son harnais, que l'imposante sculpture devait s'affranchir de sa masse (3,2 t) pour offrir au regard sa véritable légèreté... celle d'Icare en plein vol. Aux côtés des élus (nombreux), qui assistaient à l'événement (dont Francis Patrouilleau qui, lui, a même mis la main à la pâte avec les ouvriers), l'artiste était là. Tendue et anxieuse tandis que son oeuvre planait à deux mètres du sol... Le grutier, Abdel Bounoua, de la société Solanilla de Floirac, confirmait la difficulté de la manoeuvre... et le risque, en cas de choc ou de chute, de voir la pièce de marbre se briser. « C'est fragile ! » Sur le rond-point, Icare fait désormais face au centre ville (et tourne le dos à la route de Bazas). Pour l'anecdote, on relèvera que son arrivée à Langon a fait quelques mécontents : des commerçants, qui ne protestaient pas sur le fond, mais sur la forme. Ils auraient préféré qu'on installa la statue un autre jour. A l'avant-veille de Noël, ils s'attendaient à bien travailler. Or, en raison des déviations posées au rond-point, le centre ville était moins accessible aux voitures. « Comme Icare, au lieu de prendre l'envol attendu, notre chiffre d'affaires va prendre l'eau », écrivaient-ils non sans humour au maire hier matin...
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