Darmstädter Echo du 19 Mai 2003

Mes sculptures sont mes enfants

Dévoilement : depuis Samedi " Le meunier " se trouve sur la Place de Gradignan à Pfungstadt – Une œuvre de Danielle Bigata

" Mes sculptures sont comme mes enfants ", explique Danielle Bigata, le sculpteur français de Gradignan, ville jumelée avec Pfungstadt. Elle est venue en cette fin de semaine en compagnie du Maire Michel Labardin et d’une délégation pour dévoiler son œuvre " Le meunier " érigée sur une petite place formée par les deux bras de la Hillgasse, place qui a été baptisée " Place de Gradignan " en honneur à la ville jumelée. Dès son arrivée le Vendredi, Danielle Bigata est venue voir sa sculpture, qui y est installée depuis Lundi, cachée sous un voile.

L’idée de créer la sculpture d’un meunier pour Pfungstadt est née il y a deux ans, lors d’une visite du premier adjoint Barbara Holder. Il fallait trouver pour Pfungstadt un symbole qui puisse exprimer l’identité de cette ville. Le résultat est le meunier en souvenir de la vieille tradition meunière de la commune. " Je n’avais pas de modèle pour le meunier, il est né dans ma tête, " raconte l’artiste qui vit et travaille dans une maison ancienne en dehors de Gradignan. Le meunier veut transmettre au visiteur son équilibre et sa satisfaction que lui procure son métier.

Le corps est musclé, en pleine force. Pourtant, il porte les traces d’un travail pénible durant de nombreuses années. Dans ses mains, il vérifie la farine et adresse un sourire ironique au passant. " J’espère que ma sculpture aidera à rendre cette place vivante, " ajoute Bigata. L’artiste n’est pas une inconnue à Pfungstadt, puisqu’une exposition de ses travaux a été organisée il y a quelques années à la mairie en coopération avec le Cercle culturel de Darmstadt-Dieburg. De nombreux habitants de Pfungstadt se souviennent encore de Gaia, Terre des Hommes, qui est restée pendant quelques semaines devant l’Hôtel de Ville. En son temps, le maire de Pfungstadt a cherché des sponsors pour garder Gaia à demeure à Pfungstadt. Il a failli réussir, mais son collègue de Gradignan a été plus rapide. Aujourd’hui, cette sculpture monumentale s’y trouve dans le jardin de la mairie. Neuf œuvres sorties de l’atelier de Bigata se trouvent maintenant dans cette ville près de Bordeaux. Autrefois, Danielle Bigata a beaucoup et volontiers travaillé le marbre, mais elle a dû y renoncer, parce que ce travail exige trop de force physique. Sa dernière œuvre en marbre, un " Icare " de 3,5 t, a été érigée Noël dernier à Langon, une ville du sud-ouest de la France. Actuellement elle est tournée vers le bronze et elle fait réaliser ses créations dans une fonderie en Espagne.

" J’ai eu tant de travail l’année dernière, car à côté du meunier j’ai également réalisé une statue représentant Aida pour Gradignan, que je ralentis un peu cette année ; je ne suis pas une fabrique de figurines " poursuit-elle la conversation. Elle veut préserver sa passion pour son métier. Ses lointains voyages sont sa source d’inspiration pour de nouvelles œuvres. Ainsi elle a vécu chez les pygmées en Afrique et chez des indiens d’Amérique du sud. Pour elle, il s’agit maintenant de transposer ses impressions et expériences en création artistique.
Claudia Stehle

deutsh press   Retour Inauguration Meunier