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GRADIGNAN

VOYAGES. -- Sculpteur, Danielle Bigata sillonne la planète.
Elle publie un second livre aux éditions Opales


Les carnets de vie de Danielle Bigata

: Dominique Manenc


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Sculpture. Plusieurs oeuvres de Danielle Bigata sont visibles à Gradignan, dont cette statue de Verdi
PHOTO JOSE FARINA

Dans la salle du théâtre des Quatre-Saisons, Danielle Bigata console Verdi qui attend de pied ferme qu'Aïda vienne lui tenir compagnie. Promis, juré, la statue sera terminée en fin d'année. Car entre deux oeuvres, l'artiste prend le temps de parcourir le monde, comme elle le fait depuis l'âge de 20 ans, avec un sac à dos, de bonnes chaussures, une destination et surtout, de petits calepins : un sur lequel elle croque tout ce qu'elle voit, l'autre pour confier ses impressions. A l'arrivée, le tout est synthétisé sous la forme d'un carnet de voyages en papier recyclable. Le premier, « Akuna Matata », tiré à 1 500 exemplaires chez Opales, a fait l'objet d'une réédition. Le sculpteur-statuaire (elle refuse de féminiser sa profession) y contait des anedoctes glanées de l'Amazonie à Tahiti, en passant par Ibiza (la vraie). Comme elle le fait dans le second intitulé « Bigatanes » qui vient de sortir chez le même éditeur, Daniel Schillinger, un universitaire qui publie uniquement sur des coups de coeur. « Je ne suis pas un écrivain mais écrivante de ce que je vis », insiste Danielle qui assortit ses notes de portraits. Cette fois, elle a repris ses notes et ses dessins qui évoquent le Pérou, Madagascar, le désert du Kalahari, le Mali ou le Laos. Dès qu'elle sort son crayon, au fin fond de la brousse, elle sait que le contact est assuré. C'est ainsi qu'elle apprivoise ces hommes, ces femmes et ces enfants qu'elle rencontre : « Le dessin permet d'engager la conversation, même si le vocabulaire fait défaut ».

Chez les Zoulous. Bigata rentre d'Afrique du Sud et prépare déjà un troisième livre. Elle y était déjà allée, poussant jusqu'au Bostwana et au Zinbabwe où elle avait appris l'existence d'un village de sculpteurs, les schonas, qui travaillent la rarissime pierre de serpentine : « J'ai du montrer ce que je savais faire pour qu'ils m'acceptent auprès d'eux. Une seule femme, Alice, partage leur passion. Les autres sont aux champs » se souvient Danielle Bigata. Le mois dernier, elle s'est attardée chez les Zoulous, croquant de nombreux habitants, comme la grand-mère Mansagué ou Angele qui, à coup sûr, l'inspirera pour une sculpture : « J'ai promis à l'institutrice de ce village du Lesotho d'envoyer tous ces portraits par Internet ».
Bigata aime aussi dessiner les animaux, au risque de se faire poursuivre par un éléphant : « J'ai appris que leur agressivité pouvait être aussi liée à l'âge, car leurs dents repoussent tous les sept ans jusqu'à 60 ans. Dès qu'ils en sont privés, ils ne peuvent plus manger et deviennent méchants ».
La voyageuse conserve ses anedoctes et ses esquisses pour les distiller sans ordre chronologique dans ces livres. Ainsi « Bigatanes » livre plusieurs croquis de stars du show-bizz que Danielle avait réalisé à ses débuts, imposant son talent et son culot : Ferré, Brassens, Barbara, Mouloudji, Ventura, et tant d'autres sont les premiers trophées d'une vie d'artiste aux multiples facettes.

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