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Danielle Bigata écrit pour ses lecteurs comme une vieille copine écrirait à ses amis. Bigatanes : carnets de voyage n'est pas seulement une suite de brefs récits – ou fragments – de voyages. L'auteur livre aussi des souvenirs d'enfance ou de jeunesse, lorsqu'elle peignait les stars du tout-Paris au début des années 1970. Tout le monde voyage aujourd'hui, mais tout le monde ne livre pas ses réflexions et le plaisir de ses rencontres au Laos, au Pérou, chez les bushmen du Kalahari ou autres lieux exotiques. Ses récits sont d'autant mieux venus qu'elle ne se fait pas donneuse de leçons. Que dit D.Bigata ? Qu'un voyage réussi n'est pas une somme de kilomètres ajoutée à de beaux paysages, mais plutôt la confrontation amicale avec des gens différents. Elle prend bien soin de préciser que des gens différents, on en rencontre aussi près de chez soi. Mais les « bigatanes » – ces espadrilles inventées par son grand-père – sont faites pour s'en servir et marcher. Elle sait donc se montrer aussi terre à terre que le Guide du routard. Sa vision du monde est celle d'une sexagénaire parfois un peu ingénue, mais enthousiaste, curieuse, drôle (« un ongle... est en train de tomber. Ça me fait de la peine de m'en séparer »), pas bégueule et, on le devine, généreuse (offrant ses dessins, envoyant des photos). Ses aventures et mésaventures serviront d'exemple, et d'arguments, à tous ceux qui veulent se lancer dans le voyage pas trop organisé, ceux qui ont des scrupules à passer pour des riches chez les peuples pauvres, ceux qui pensent que toute occasion de rapprocher l'humanité est bonne à prendre.

© Bulletin critique du livre en français, n°638 – Juin 2002.

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