LETTRES EN AQUITAINE
Reconnaître les Autres
Danielle Bigata est une femme sculpteur de renommée
internationale. Il suffit à la sortie de Gradignan, d'admirer son Pèlerin au repos pour
se convaincre de la qualité de son art. C'est aussi une baroudeuse qui prend plaisir à
aller, dans des lieux peu connus, loin des circuits touristiques, à la rencontre des
natifs. Un éditeur bordelais a pensé que son carnet de voyage « devait > être
connu. Ainsi est né Akuna Matata un magnifique petit livre, délicatement réalisé,
illustré avec soin, mis en page avec art qui invite les lecteurs à un voyage à travers
notre planète. Le titre étrange, Akuna Matata, signifie en swahili « Pas de problème
.. Les pages de Danielle Bigata veulent montrer aux habitants de la civilisation
occidentale que toute situation est relative.
L'auteur nous indique le projet de son livre : «
Je voudrais vous faire partager les paysages, les rencontres, les joies, les peines, les
impressions, les visages, les amusements, les coutumes, les émerveillements, les dangers
en un mot ma vie aux quatre coins du globe. » Ce livre ne se raconte pas. Les
destinations sont variées : Amazonie Pérou, Sahara, Tahiti, Mali, Vietnam Burundi ou
encore un moulin tapi dans la campagne girondine.
Le contenu de chaque chapitre est un régal grâce
au regard que porte Danielle Bigata sur les choses, la nature et les êtres. On a toujours
le sentiment que seule la rencontre est importante. Pour le reste, « Akuna matata ! » Il
faut souligner la qualité des dessins, des peintures et des photos qui accompagnent le
texte. Un très beau livre à prix très abordable qui enchantera les lecteurs.
Un autre livre qu'on ne peut ignore r est
Apartheid, l'aveu et le pardon, de Sophie Pons. Journaliste à l'Agence France-Presse en
Afrique du Sud, l'auteur a suivi, depuis 1990, l'aventure de la Commission "Vérité
et Réconciliation' mise en place par Nelson Mandela, Le but de cette commission est de
permettre que soit mis un
terme aux luttes entre noirs et blancs.
Pour ce faire, le principe est que tout homme qui
reconnaît ses actes de violences, quelle qu'en soit la gravité, mérite le pardon et
l'amnistie s'il est sincère. La Commission ne condamne pas, ne se venge pas. Elle veut,
simplement, « comprendre ». Comment une telle démarche a-t-elle pu naître ?
Grâce à Mandela, l'ancien prisonnier politique, et à Desmond Tutu, archevêque de
l'Église anglicane du Cap, prix Nobel de la Paix, qui a voulu que la religion joue un
rôle significatif dans les travaux de la commission. Ce dernier écrit d'ailleurs dans la
postface de l'ouvrage : « L Afrique du Sud est un pays religieux; un pays chrétien.
Réconciliation et pardon ne sont pas des termes que tes politiques emploient couramment
Ce sont des mots qui appartiennent au registre religieux ». Ce livre dur, angoissant par
les faits qui y sont rapportés est aussi un livre d'espoir grâce à la spiritualité et
à la philosophie qui s'en dégagent Guy PERRAUDEAU |