GRAVES

SAUCATS   jeudi 23 Août 2001

Voyageuse et sculptrice

L'artiste Danièle Bigata croque, du Kenya au Vietnam en passant par Tahiti,

des instants de vie et les immortalise au travers de ses statues

C'est à La Métairie, dans le bourg de Saucats, que Danièle Bigata pose ses bagages un moment avant de repartir pour des destinations toujours lointaines. Danièle Bigata rentre du Laos avec, dans ses carnets de voyage les émotions fortes qu'elle a vécues sous forme de dessins. Comme cette vieille femme Hmong âgée de 117 ans, rencontrée au Vietnam, dont le visage est creusé par les sillons profonds d'une vie de dur labeur.

Danièle Bigata, certes, est sculpteur mais c'est aussi une ethnologue. Dans ses petits carnets de voyage figure le portrait d'enfants, de vieilles gens, immortalisé par le crayon de l'artiste. A travers eux, c'est " toutes les facettes d'un pays qu'il m'intéresse de traduire " précise Danièle Bigata. Et, si elle n'est pas indifférente à la rude condition des femmes asiatiques et africaines, son œil d'artiste prend le relais pour privilégier l'esthétique du vêtement.

" Dans ces pays, ce sont surtout les femmes qui ont de beaux habits, les hommes sont habillés plus ordinairement ", souligne Danièle Bigata. Plus tard, de ces carnets une sculpture naîtra - un bronze très certainement - pour compléter la collection ethnique qui est présentée à l'atelier.

Là, les singularités propres à chaque culture émanent de ces statues en bronze: l'indien d'Amazonie (un Yanomani) côtoie l'homme bleu du désert (un Targui du Niger), etc. Chacun de ces bronzes est un récit de voyage. Un récit raconté mais surtout vécu avec le cœur de la voyageuse Danièle, et immortalisé par les statues du sculpteur, " La Bigata ".


VOYAGEUSE
ET SCULPTRICE

Et, ce n'est pas jouer sur l'ambivalence de cette artiste car il est impossible de cloisonner son talent : d'une part, la voyageuse et d'autre part le sculpteur. Danièle Bigata, c'est une globalité faite d'une sensibilité qui n'est pas de marbre. Il n'est qu'à regarder chaque expression que portent les personnages de ces statues : le regard perçant du guerrier targui, les yeux de la sagesse de vieux mandarins, etc.



Derrière un de ses carnets de voyages
, Danièle Bigata dans son atelier
(Photo Catherine Fourgeau)


Voyageuse passionnée, Danièle Bigata l'est depuis longtemps déjà. Ces voyages d'un continent à l'autre l'ont amenée à rencontrer d'autres passionnés, passionnés comme elle par l'humanité malmenée à moins que ce ne soit par la vie, tout simplement. Ces gens-là, c'est Mère Thérésa, Sting, Florence Arthaud (pour ne citer qu'eux), Danièle Bigata les a rencontrés et, des échanges qui se sont noués, elle en a ramené des dessins. Danièle Bigata s'envolera a la fin de l'année en Amérique latine, la destination finale reste secrète. Mais en ce moment, il est possible de la rencontrer dans son atelier où elle travaille sans relâche sur plusieurs projets, entre autres la préparation d'un troisième ouvrage.

A lire pour voyager avec la fougue de l'artiste : "Absolus" par D. Bigata, A. Pujol et J. Vautrin (Éditions Opales), "Akuna Matata, Carnets de voyages" par D. Bigata (Éditions Opales).

retour Actualités