Numéro 62 - Le SAUCATAIS - 2002 -
Pages 14,-15
La renommée de Danielle Bigata dépasse SAUCATS. Saucataise depuis plus de vingt ans, vous la connaissez sans doute mais vous ignorez certainement que la créativité de la sculpteurs est nourrie par les émotions d'une grande voyageuse et dissimule le verbe d'une écrivaine Inextricablement entremêlées, ces activités convergent vers un même acte : la découverte de " l'autre ". |
La liste est longue, mais pour la
musique des noms on citera le Botswana, le Mali, le Sahara, l'Amazonie, le Laos, le
Pérou, le Mexique, la Polynésie, le Sénégal, la Tunisie... Danielle Bigata voyage
depuis l'âge de 20 ans. Le principe est toujours le même: peu d'argent en poche, de
bonnes chaussures, un sac à dos et un carnet à croquis. Un autre ingrédient n'est pas
à négliger dans la formule, il s'agit du même sens développé de l'hospitalité
qu'elle a rencontré aux + quatre coins de la planète. Ses conditions de voyage sont
quelque peu spartiates. Où qu'elle soit, elle vit " comme les gens vivent et mange
ce qu'ils lui
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donnent à manger ". L'ancienne élève des Beaux-Arts a su trouver un mode de communication inégalable : elle dessine. Des cornets de voyages bien sûr, mais aussi des portraits d'hommes, de femmes, d'enfants. " Ça fait rire tout le monde, tout le monde veut son portrait ! ". Le voyage est pour Danielle Bigata le moyen de rencontrer tous types d'individus. Les cultures, comme les pays sont multiples. Elles demandent de la curiosité, de la patience, de l'attention, avant de se livrer. " Pour comprendre les différences de culture, de personnalité ", elle sait bien qu'il n'y a pas d'autre moyen qu'aller à la découverte des autres. C'est dans ce sens qu'elle souligne qu'il faut " savoir ce que l'on veut trouver dans le voyage ". Alors et bien sûr prévoir et organiser le voyage, " maisaussi se laisser aller aux imprévus ". Parmi les souvenirs fantastiques qu'elle a glanés à tous les vents du globe, il en est un auquel la sculpteurs est particulièrement attachée. II s'agit d'un séjour au Zimbabwe dans un village de sculpteurs. Pour ' que les portes de cette communauté, constituée |
de 125 hommes et une femme, s'ouvrent à
elle, il lui a fallu faire preuve d'humilité et de réelles aptitudes à sculpter. Ainsi,
après avoir observé la façon de travailler de ces sculpteurs durant 5 jours, elle s'est
attaquée à un bloc de serpentine (pierre locale) pour en extraire une oeuvre qui lui a
permis d'obtenir leur reconnaissance voire leur amitié. Cet échange de techniques et
d'expériences s'est scellé au final par un échange de sculptures, source de fierté
réciproque.Danielle Bigata ne le cache pas, ses voyages lui sont indispensables. Mais si partir lui importe, revenir est aussi important et son " port d'attache " soucotais fait autant partie de ses sources d'énergie. Ces voyages sont essentiels pour la sculpteurs car " comment représenter l'être humain sans le comprendre largement ? ". Ils sont avant tout guidés par la femme et sa devise " la connaissance humaine s'apprend dans le regard des hommes ". " Akuna Matata " et " les Bigatanes ", récits de voyages sont disponibles aux éditions Opales. |