GRAVES

 

Sud-Ouest - Jeudi 12 décembre 2002

SAUCATS

CULTUREL. Danielle Bigata a présenté ses deux dernières oeuvres au public. Rencontre avec l'artiste

J'habite mes personnages

C'est une habitude du sculpteur Danielle Bigata d'inviter le plus grand nombre à voir, à toucher, l'aboutissement de son travail. Des personnages faits de bronze commandés à l'artiste et remplis d'émotions. « Aïda » et « le Meunier » vont rejoindre le lieu de vie qui leur est destiné : la première a sa place sur les ter­rasses du théâtre des Quatre Sai­sons à Gradignan ; la seconde en Allemagne dans la ville de Pfungstadt où le travail des minotiers reste très présent dans l'histoire de la ville.

 

C'est peut-êre pour cela qu'il est difficile de les nommer statues ou monuments. Tout d'abord par respect pour la sensibilité de l'artiste :

« Le monument a quelque chose d'inacces­sible. » La statue n'a pas de socle et tout un chacun peut s'asseoir à côté, la regarder, la caresser: Je suis un sculpteur expressionnis-te qui habite les personnages que je créé » explique Danielle Bigata:

Il aura fallu une année à l'artiste pour aboutir à la réalisation de « Aïda » et « le Meunier ». Faites de bronze et plus grandes que nature pour être découvertes par tout le monde, ce sont des oeuvres, nous le disions, destinées à être partagées.

 

aidaetdb.JPG (39946 octets)

 

Le secret de « Aïda ».
Juste une parenthèse pour situer la démarche de l'artiste.

 

 

C'était en 2001 pour le centenaire de la mort du compositeur Verdi que Danielle Bigata réalisa « sa statue », avec une partition à la main et les premières mesures de l'opéra « Aïda ». Il fallait donc qu'elle rejoigne le compositeur. Une perception de cette jeune femme que l'artiste exprime ainsi : « C'est la fille d'un roi réduite à l'esclavage. Elle incarne la sou­mission du corps. Elle est dan­seuse, en mouvement. Par sa position d'esclave, une autre forme de soumission... soumise mais en rébellion. Une femme qui a vécu et souffert.

 

D'où l'importance de chaque détail (les plis du voile vert bronze, son regard...), qui donnent tant de vie et d'épaisseur au personnage. On comprend l'émotion ressentie par Danielle Bigata au moment de se séparer de ses oeuvres.

Pour son actualité « Aïda » et « le Meunier » : « Je vis avec les personnages, que je créée et je ne les abandonne pas. »

Rien que de l'humanité et de la générosité qu'il est possible de vivre en rendant visite à l'artiste, dans sa galerie virtuelle et musicale (1).

Là, ces deux dernières oeuvres, y habitent déjà.

Catherine Fourgeau

(1) www.bigata.com

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