Danielle BIGATA
UNE PURE MERVEILLE
| Ce
n'est pas tout à fait le hasard qui avait guidé nos pas quand nous sommes entrés dans
l'ancien couvent des minimes pour la troisième biennale d'art sacré. Pas tout à fait le
hasard., puisque nous avions l'un et l'autre le souvenir de cette magnifique Piéta
découverte l'année dernière au même endroit, lors de l'exposition précédente. Mais, quelle ne fût pas notre émotion, à tous les deux, dès le porche du hall franchi, de retrouver face à une oeuvre verdâtre et encore lointaine, la même émotion intense que nous avions ressentie lors de notre entrée au musée de l'Orangerie à Paris devant l'autoportrait bleu/vert de Van Gogh. Quand le génie met l'art à la portée des caniches! Pensais-je en dominant mal cette indicible émotion devant cette mère et son enfant, douloureuse et tellement belle, rayonnante et pathétique. Lumineuse. Un pur chefd'oeuvre dû à Danielle BIGATA, notre voisine de Saucats dont on saura gré d'occulter nos lacunes techniques |
et notre piètre connaissance de l'art tant ses oeuvres, et principalement
celle-ci, ne se voient bien qu'avec le cur. Que notre oeil se voile légèrement
confirme ce que nous subodorions intimement : cette rencontre dans la citadelle de Blaye
avec la beauté absolue est un instant magique et émouvant comme on en connaît si peu
dans une existence, aussi bien remplie soit-elle. Merci Madame et oubliez bien vite,
s'il vous plaît, ces crétins qui ont osé taguer votre statue des Carmes à Langon...
pour s'amuser. J.C La biennale se tient au couvent des minimes, dans la citadelle de Blaye du 6 mai au 4 juin. Évidemment la reproduction ci-contre de l'objet de notre choc émotionnel souffre de nos modestes moyens de reproduction. Que l'artiste et nos lecteurs veuillent bien nous pardonner. L'Anophèle mercredi 17 Mai 2000 |